L’état des lieux de notre bassin, réalisé en février 2002, a mis en évidence une dégradation forte et continue de la qualité de nos eaux souterraines.
Si les actions curatives permettent de satisfaire aux exigences sanitaires, elles ne sont pas suffisantes pour satisfaire aux demandes de Bruxelles pour 2015. C’est pourquoi il faut faire plus.
Aujourd’hui, 215 communes dans notre bassin souffrent d’un excédent de nitrates et 456 autres d’un excédent de pesticides. Cette situation préoccupante s’explique facilement : les zones de captages sont souvent proches des zones de culture. Marie de Monjour, présidente de l’Observatoire régional de l'environnement de Bourgogne, constate : "Dès qu’il pleut, l’eau que nous distribuons est chargée en nitrates. Nous ne pouvons continuer ainsi. Les agriculteurs, surtout eux, doivent intensifier leurs efforts."
Pour Yves Vecten, agriculteur, la profession est sensibilisée : "L’enjeu est surtout, aujourd’hui, de généraliser les initiatives comme les cultures pièges à nitrate, les bandes enherbées ou le bon nettoyage et le bon réglage des pulvérisateurs…"
S’agissant des pollutions diffuses, Ghislain de Marsily, membre de l’Académie des Sciences, propose de "définir de façon concertée les zones à protéger - des parcs hydrogéologiques - où les apports en fertilisants ou en pesticides sont limités. Il faut le faire, quitte à adapter les cultures. Puis, progressivement, il faut étendre ces zones".
Les actions déjà entreprises dans la plaine de Saulce, dans le Pithiverais et dans le Morvan doivent continuer et des indicateurs de résultat et de coût doivent être fixés. Par ailleurs, il faut poursuivre les six études de bassins d’alimentation des captages d’eau déjà engagées. Elles offrent des possibilités d’actions opérationnelles. Enfin, il faut développer la sensibilisation à la prévention dans les secteurs où les dépassements de normes ne sont pas encore systématiques et où le temps de réponse de la nappe est relativement court.