Les rivières de Haute-Normandie sont celles qui, au niveau national, comptent la plus forte densité d'ouvrages, ce dont souffrent les poissons migrateurs. Il faut donc réaménager les débouchés en mer, en ouvrant d'anciens vannages par exemple, de façon à faciliter leur libre circulation.
Les poissons, qui constituent pour nous un bon indicateur de l'état de l'écosystème dans l'estuaire, semblent en effet aujourd'hui menacés. Déjà fortement affectés par une mauvaise qualité des eaux, les populations de l'estuaire fluvial ont souvent souffert des fortes anoxies estivales sur plusieurs dizaines de kilomètres en aval de Rouen. En dépit d'améliorations, l'état de ces populations reste préoccupant. Gageons que les travaux d'assainissement en cours dans l'agglomération parisienne permettent de retrouver une oxygénation suffisante toute l'année.
Par ailleurs, afin de mieux comprendre le fonctionnement de l'estuaire de la Seine et ainsi optimiser les investissements en matière de restauration de qualité des eaux, la direction Seine-Aval a également collaboré au lancement d'un important programme de recherche.
Le Groupement d'intérêt public en environnement Seine-Aval (Gipsa) a ainsi vu le jour. Il doit concilier respect de l'environnement et usages (pêche, industrie, transport de marchandise, tourisme, activités de loisirs…). Les partenaires du programme Seine-Aval sont nombreux : l'Etat, le Port autonome du Havre, l'Agence de l'eau, l'Association syndicale de l'industrie et du commerce de l'environnement normand, l'Union des industries chimiques de Haute-Normandie, les conseils généraux de Haute-Normandie, du Calvados, de l'Eure, de la Seine Maritime…
Enfin, nous n'avons pas assez pris en compte les zones humides. Pourtant, elles ont une valeur tant patrimoniale que fonctionnelle. C'est pourquoi elles doivent être préservées de façon pérenne par des acquisitions qui permettront d'avoir la maîtrise foncière de ces secteurs vulnérables.
Des plans de gestion, déjà engagés en partenariat avec le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, la région Haute-Normandie et le Parc naturel régional, seront mis en œuvre. Des postes de gardes-rivières et d'ouvriers côtiers devront être financés et des travaux de restauration des milieux menés dans le cadre de programmes pluriannuels.