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Métier de l'eau : Animateur portuaire
 

Concevoir et mettre en œuvre les projets relatifs au développement et à l’exploitation du patrimoine fluvial, en collaboration avec les différents acteurs locaux, telles sont les missions de l’animateur portuaire. Rencontre avec le premier du genre, Yves Martin, en bords de Seine, à Saint-Mammès.


Yves Martin l’avoue volontiers : quand il a débarqué à Saint-Mammès par un beau matin de printemps, il ne savait rien de ce village de mariniers du fin fond de la Seine-et-Marne. « J’ai vu des bateaux, des quais, des mouettes… j’ai trouvé le paysage plutôt sympa ! », confie-t-il en souriant. Normal, me direz-vous, pour ce solide Breton, amoureux de la mer et passionné de voile. Au-delà de la boutade, Yves Martin se souvient surtout de l’engagement de la commune dans une démarche qui le séduit d’entrée de jeu.

De par sa position stratégique et son destin fortement lié à celui du fleuve, la commune de Saint-Mammès demeure très attachée à l’histoire de la batellerie. Elle entame dès 1992 une grande réflexion sur la mise en valeur et l’exploitation de son patrimoine fluvial. Émerge ainsi, dans les conclusions des études réalisées, l’idée de la création d’un poste d’animateur portuaire pour mener à bien les différents projets de valorisation. L’existence du contrat emploi-jeune aidant, la commune décide, en 2000, d’engager les moyens nécessaires dans le recrutement d’un collaborateur bac + 5. Une petite annonce dans Télérama… et l’aventure commence pour Yves Martin.

 

Diagnostiquer les points forts et faibles du lieu

Quand il s’installe à Saint-Mammès, la municipalité vient de terminer le réaménagement de ses quais. Sa mission d’animateur portuaire consiste d’abord à faire un diagnostic des points forts et faibles du lieu, d’élaborer ensuite une stratégie opérationnelle de développement et enfin de mettre en œuvre le plan d’action validé par les élus. En juillet de la même année, la halte fluviale est inaugurée. Une première urgence s’impose : durant la saison estivale, le port de plaisance doit être en mesure d’accueillir une péniche-hôtel, une fois par semaine, et des bateaux individuels. Yves Martin se consacre alors à la réalisation de documents d’information présentant les différents services à visée fluviale pour les usagers : « Je me suis posé la question : de quoi a besoin un plaisancier qui fait escale à Saint-Mammès ? De faire le plein de fioul, d’eau, de faire ses courses, d’éventuelles réparations navales, etc. » Ainsi, un distributeur d’argent automatique sera-t-il mis en place et une douche aménagée en face de la capitainerie. Des actions très concrètes qui nécessitent la concertation et la mobilisation de tous, acteurs locaux et partenaires.

 

Une animation portuaire culturelle et économique

Autre domaine d’intervention de l’animateur portuaire : travailler sur l’identité de la commune. Yves Martin explique : « Une identité forte favorise un meilleur vécu de la population et permet aussi de générer une dynamique locale. À Saint-Mammès, 50% de la population a des liens familiaux avec le monde batelier, nous nous sommes donc intéressés à leur passé. » D’où l’organisation d’un Salon de la carte postale et la constitution d’un fonds documentaire grâce aux archives des habitants. Dans le même ordre d’idée, Yves Martin se consacre, pour l’enrichir, au parcours d’interprétation du patrimoine marinier qui traverse Saint-Mammès et conçu à l’origine par un architecte paysagiste.

Avec le déclin du transport fluvial, les commerces avaient déserté le port. « Participer au développement de l’offre commerciale du site s’est forcément inscrit dans le cadre de l’animation portuaire », commente Yves. Il précise : « Les dépenses d’un plaisancier dans un port d’escale sont évaluées entre 30 et 150 euros par jour. » Mais pour profiter de cette manne économique, encore faut-il redynamiser les quais, motiver la création d’entreprises, assurer une veille des projets éventuels ainsi que leur accompagnement soutenu. Le résultat est là avec la reprise d’un certain nombre de pas-de-porte sur les quais : une boulangerie, une crêperie, une supérette, un loueur de bateaux se sont implantés. Puis fédérés en une association de commerçants, autre outil reconnu du développement local.

Yves Martin garde de cette expérience un souvenir ému… et beaucoup d’amis : « Le rapport de confiance et de proximité avec l’équipe municipale et l’accueil chaleureux de la population ont été des éléments déterminants dans la réussite de ma mission. »

 

Laurence Valentini

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N°41 - Août 2006


Les mots d’un Canalou

Camille Dabin, maire de Saint-Mammès


Camille Dabin (Pascal Quennehen pour Confluence)

Pourquoi avez-vous souhaité la création de ce poste ?

C. D. : Saint-Mammès dispose du plus petit territoire du canton. Notre seul moyen de développement était d’utiliser notre patrimoine, en l’occurrence les bords de l’eau, et d’exploiter la mémoire batelière du site. Pour faire aboutir cette démarche, nous nous sommes attaché les services d’une personne « formée » en développement local. Cela nous a paru être une garantie de réussite.

 

Quelle évolution connaîtra ce poste ?

C. D. : La question qui se pose aujourd’hui est : quelle échelle doit-on lui donner ? En effet, pour insuffler une nouvelle dynamique et rester dans une logique territoriale, nous pensons qu’il devrait évoluer au niveau intercommunal.

 

Et vous avez des projets ?

C. D. : Plusieurs même : donner à Saint-Mammès le statut de village-musée de la batellerie, celui d’un centre de ressources documentaires sur les voies d’eau, leur utilisation et leur aménagement, enfin la constitution d’un circuit des petites villes batelières qui irait jusqu’au centre de la France.

 

Qu’est-ce qu’un Canalou ?

C. D. : C’est un des surnoms des Mammésiens qui signifie « les gens du canal » car tous les canaux du centre arrivent à Saint-Mammès.

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