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La ré-estuairisation de la Saâne
Gestion des milieux
 

C’est une première en Normandie. La Saâne, petit fleuve côtier, va retrouver un estuaire dans le cadre d’un ambitieux projet de restauration.



Renaturalisation

crédit photo : R.Goujon

L’origine latine du terme estuaire nous met déjà sur la voie. Aestus signifie « bouillonnement ou mouvement des flots ». Il s’agit de la partie d’une vallée fluviale où s’opposent le flot de la marée et l’écoulement du fleuve, où les bancs de sables et les chenaux se déplacent au gré des courants. En Haute-Normandie, la Saâne, petit fleuve côtier qui se jette dans la Manche, était privée d’estuaire depuis plus d’un siècle. Sur 2 000 mètres, une digue sépare mer et fleuve, plage de galets et de sables et prairies de fond de vallée. Seule une buse permet l’évacuation à marée descendante ou basse des eaux de la Saâne dans la Manche. Un clapet anti-retour empêche la mer montante de remonter au-delà de la digue.

L’inconvénient de cet aménagement est particulièrement évident lorsque la Saâne est en crue. Son débit atteint alors 30 m3 par seconde alors que la buse ne peut évacuer qu’une capacité maximum de 10 m3 par seconde. En 1999, à l’époque de Noël, la crue a représenté un volume de 4,5 millions de mètres cubes et la basse vallée resta submergée plus d’une semaine. Ces graves inondations se répétant à intervalles rapprochés, une étude pilote a été lancée par le syndicat de bassin versant Saâne-Vienne-Scie* avec le soutien de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, afin d’explorer les solutions permettant d’améliorer le débouché du fleuve vers la mer. Outre la lutte contre les inondations, l’étude s’est aussi intéressée à la libre circulation des poissons migrateurs, à la protection de la ressource et de la qualité des eaux, à la protection des milieux naturels et au développement économique de la basse vallée qui s’étend sur 200 hectares et sur trois communes du département de la Seine-Maritime (Longueil, Quiberville-sur-Mer et Sainte-Marguerite-sur-Mer).

À l’issue de trente mois de travail, la décision fut prise, fin 2005, de rouvrir à la mer la basse vallée. La digue sera supprimée sur une trentaine de mètres et remplacée par un pont accueillant la route reliant Quiberville à Sainte-Marguerite et offrant en dessous un passage aux petites embarcations. Sur 1,5 kilomètre, la Saâne retrouvera son lit d’origine en fond de vallée. Le lit mineur du cours d’eau sera élargi jusqu’à 10 mètres de largeur. Afin de permettre l’intrusion sans entrave de la mer, les obstacles (digues latérales, gabions…) seront arasés.

 

Restauration des marais maritimes

Globalement, ce réaménagement qualifié de « ré-estuarisation » est, pour ses promoteurs, la seule solution permettant tout à la fois de résoudre efficacement les problèmes d’inondation des habitations (grâce à un meilleur écoulement des crues tant en rapidité qu’en volume), de rétablir la libre circulation des poissons migrateurs, et de retrouver des milieux naturels fonctionnels. Un estuaire produit et transforme une matière organique qui se révèle indispensable pour assurer la reproduction de nombreuses espèces. Proches de la mer et recouvertes à marée haute, les vasières sont un milieu très riche en micro et gros invertébrés (mollusques notamment). La restauration de ces marais maritimes offrira des nourriceries pour les jeunes poissons et les oiseaux limicoles.

 

Un nouveau paysage

Plus éloignés de la mer et entrecoupés de roselières, les herbus ou schorres – quelque 75 hectares seront reconstitués – permettront d’élever des moutons de prés salés dont les agneaux sont très recherchés, à l’image de ceux de la baie de Somme ou de la baie du Mont-Saint-Michel. C’est aussi un nouveau paysage qui va être façonné, renforçant chez les touristes l’attrait pour cette région. Des sentiers en boucle et une piste cyclable permettront la découverte de la basse vallée par les promeneurs non motorisés.

Une aire de mouillage accueillera les petits bateaux des plaisanciers et des pêcheurs. Mais il s’agit d’un projet de longue haleine, qui nécessitera de nombreuses études techniques et réglementaires, des travaux préparatoires, avant qu’en tout dernier ne soient démolies la digue et sa buse. L’ensemble des travaux, y compris les acquisitions foncières, représente un coût de près de 13 millions d’euros HT.

 

Olivier Milhomme

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