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Les impacts socio-économiques de la production d'énergie sur l'eau
 

La production d'électricité sur le bassin Seine-Normandie représente 19% de la production nationale (environ 102 TWh).

 

Globalement, le secteur de la production d'électricité ne représente pas d'enjeu majeur en termes d'emploi pour le bassin : 4 340 emplois directs générés dont 80% pour la seule activité électronucléaire, en comparaison avec les 1,6 millions d'emplois dans l'industrie dans le même bassin. En revanche, le chiffre d'affaires généré, estimé à 4 milliards d'euros, représente 10% du CA de toute l'industrie.

 

Au regard de l'impact sur l'eau, deux grands types de production d'électricité existent :

  • La production consommant de l'eau pour le refroidissement des installations thermiques à flamme et thermiques nucléaires, ou encore les installations prélevant de l'eau mais qui restituent tout ou partie de l'eau au milieu (circuit de refroidissement dit ouvert).
  • La production utilisant la force potentielle ou cinétique de l'eau : l'hydroélectricité.

 

Le bassin Seine-Normandie compte 4 centrales nucléaires qui génèrent près de 87% de l'électricité produite sur le bassin. Trois d'entre elles sont situées sur le littoral et les eaux prélevées pour le refroidissement proviennent de la mer.

La centrale de Nogent, située sur le bord de Seine, fonctionne avec un circuit de refroidissement fermé. Ce système conduit, malgré un plus faible volume d'eau prélèvé, à des consommations relatives plus importantes que le circuit ouvert du fait de l'évaporation de l'eau engendrée par le système autoréfrigérant.

En circuit ouvert, aux volumes prélevés présentant des impacts quantitatifs non négligeables, sont associés des rejets qui peuvent présenter des polluants ou des niveaux de température élevés.

 

Les sites de production hydroélectrique sur le bassin Seine Normandie sont principalement des installations de faibles puissances et il en existe plus de 500. On constate donc une multiplicité de ces installations de production mais leur somme ne représente guère plus de 1% du volume d'électricité produite annuellement sur le bassin avec 1,1 TWh estimé. Que ce soit au fil de l'eau, sur des ouvrages dédiés à la navigation, ou en éclusés, ce mode de production ne prélève pas d'eau et ne génère pas de rejet et à ce titre, n'est pas assujetti aux redevances perçues par l'agence de l'eau Seine-Normandie. Pour autant, ces ouvrages ne sont pas sans impact sur les usages de l'eau : altération des débits, obstacles à la libre circulation des poissons, modification des berges...

Afin de limiter certaines des tensions générées par l'activité hydroélectrique, des réponses techniques existent, comme les "passes à poissons" permettant à certaines espèces de circuler. Mais d'une part, ces mesures ne sont pas efficaces pour toutes les espèces et d'autre part, leur financement pour grande partie assuré par l'agence de l'eau Seine-Normandie conduit à un subventionnement croisé de la production d'électricité thermique vers la production hydroélectrique.

 

L'hydroélectricité sur le bassin Seine-Normandie en particulier ne représente pas finalement un gisement de production d'électricité susceptible de répondre de manière significative aux besoins, même maintenus grâce à une politique de maîtrise de la demande d'énergie. Ainsi, la question du développement des énergies renouvelables et l'objectif fixé de 21% d'électricité d'origine renouvelable ne trouvent pas de réponse significative dans l'hydroélectricité spécifiquement sur ce terriitoire.

 

La concordance des objectifs de la politique de l'énergie et de la politique de l'eau se situe dans la définition d'un niveau réglementaire acceptable des débits réservés qui contraint la production hydroélectrique et protège la ressource en eau, et dans la recherche d'un mode de financement transparent et équitable des usages de l'eau reposant sur d'autres données que la consommation et les rejets stricto-sensu.