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Pratiques et systèmes agricoles résilients en conditions de sécheresse : Quels leviers agroécologiques pour les agriculteurs du bassin Seine-Normandie ?

Autres phases

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Etude commandée par

Agence de l'eau Seine-Normandie

Réalisée par

Agence de l'eau Seine-Normandie (Juliette Aspar)

Contact Agence

Sarah Feuillette

Selon les projections d’une récente étude réalisée par le Cerfacs de Toulouse, les épisodes de sécheresse risquent de s’accroître sur le bassin Seine-Normandie à l’horizon 2030 - 2060. Sachant que le bassin a une « culture sécheresse » peu développée, le présent travail consiste à faire le bilan des pratiques et systèmes permettant de poursuivre les grands types de production agricole sans forcément recourir à l’irrigation, sachant que la ressource elle-même diminuera et sera soumise à d’autres pressions, ou le moins possible.

Pour les grandes cultures, une première stratégie d’adaptation du matériel végétal consiste à esquiver les périodes de stress hydrique en développant des variétés ou en avançant la date de semis des cultures de printemps. Introduire des espèces ou des variétés plus tolérantes en situation de sécheresse peut également être un levier d’action. La sélection de variétés populations via la sélection participative peut également être envisagée. Le principal facteur de résilience du matériel végétal reste cependant la diversité. Si la diversification de l’assolement et des rotations est un premier pas vers la résilience des systèmes agricoles, le recours aux mélanges d’espèces et de variétés, en jouant sur la complémentarité au sein d’une même parcelle, est également une piste intéressante à explorer. En ce qui concerne les pratiques culturales, celles favorisant l’infiltration et l’augmentation de la réserve utile devraient être privilégiées. La couverture du sol, via les couverts d’intercultures ou les couverts secs, peut permettre d’augmenter le réservoir utilisable des sols pauvres en matières organiques. La limitation du travail du sol via des techniques de travail superficiel ou de semis sous couvert peut également favoriser le stock d’eau disponible pour les plantes. Enfin, l’agroforesterie semble être une stratégie prometteuse pour limiter l’évapotranspiration des cultures en créant un climat humide, tout en limitant le stress hydrique des plantes.

En ce qui concerne les systèmes d’élevage, l’augmentation de la tolérance des ressources fourragères est un levier intéressant qui peut être mobilisé en recourant à des espèces et variétés plus tolérantes ou en jouant sur la diversité spécifique via les mélanges de cultures ou les prairies multi-espèces. Les besoins du troupeau et sa tolérance à la sécheresse peuvent également être adaptés par la taille du troupeau, le choix de la race ou des périodes de vêlages. L’agroforesterie peut jouer sur les deux leviers précédents en augmentant la tolérance des ressources fourragère grâce à la création d’un microclimat, et en augmentant le bien-être des espèces animales en leur fournissant des zones d’ombre. Enfin, la résilience des systèmes d’élevage en conditions de sécheresse nécessite d’augmenter l’autonomie alimentaire de l’exploitation pour éviter les achats extérieurs d’autant plus coûteux en conditions de sécheresse. Cela passe notamment par le développement de nouvelles ressources fourragères telles que les repousses ou les couverts d’intercultures, la mise en lien avec des cultures céréalières au stade végétatif, ou encore les feuilles des arbres en systèmes agroforestiers.

Pour les vignes, les systèmes de taille favorisant l’aération des grappes et limitant la biomasse aérienne, telle que la taille en gobelet, permettent d’augmenter la tolérance des vignes au stress hydrique. En limitant la biomasse, ces systèmes de taille pourraient néanmoins entrainer des baisses de rendement et seraient donc à privilégier en priorité sur des vignes à haute valeur ajoutée. La couverture du rang peut également être mobilisée pour augmenter la quantité d’eau disponible dans le sol. Si l’enherbement hivernal peut permettre d’améliorer la reconstitution du stock d’eau du sol en hiver, les couverts secs tel que le mulch, les paillages ou le bois raméal fragmenté constituent également un moyen d’augmenter le réservoir utilisable, sans entrer en compétition avec la vigne. À plus long terme, l’adaptation de la plantation est également une stratégie à envisager. La réorganisation de la plantation dans l’espace peut notamment contribuer à la résilience en conditions de sécheresse en privilégiant notamment les terrains avec des réserves utiles plus importantes, une orientation nord-sud et l’espacement des rangs. Enfin, l’adaptation du matériel végétal est également un levier important. Les porte-greffes notamment peuvent être facilement choisis pour leur tolérance au stress hydrique. Bien que le changement de cépage soit plus complexe dans le cadre des appellations d’origines, des évolutions de la réglementation permettent aujourd’hui de tester de nouveaux cépages afin de mettre en place des vignes plus tolérantes à la sécheresse mais également aux maladies.

Enfin, lorsque l’irrigation ne peut être évitée, des stratégies sont également à mettre en place afin d’économiser l’eau. La limitation des prélèvements d’eau en été via le choix des espèces, et la relocalisation de l’eau des cultures de printemps vers les cultures d’été peut être envisagée. Enfin, l’augmentation de l’efficience des systèmes d’irrigation pourrait également être une voie d’économie d’eau dans les systèmes irrigants. Néanmoins, elle doit être accompagnée par un pilotage de l’irrigation pour ne pas entraîner une surconsommation d’eau qui pourrait tout simplement annuler les économies d’eau liées au gain d’efficience. Il est d’autant plus important de mobiliser en premier lieu les différentes stratégies d’amélioration de la résilience face aux sécheresses, avoir de recourir à l’irrigation, que les ressources en eau pourraient venir à manquer avec le changement climatique, y compris dans le cas de retenues, dont le remplissage pourrait être compromis lors de sécheresses pluriannuelles ou d’hivers secs.